Amara Kalabane

Originaire de Guinée, Amara Kalabane vit en France depuis 1989. Chorégraphe, danseur, musicien, percussionniste, et danseur sur échasses, l’artiste a plusieurs cordes à son arc.

Il est né à Boké, une ville de Guinée sur les bords du Rio Nunez, parle de nombreuses langues, parmi lesquelles le malinké, le peul, le bambara, le soussou… Celui qui appartient à l’ethnie Landouma a commencé à danser et à jouer du djembé « dès l’âge de 4 ans, pendant la récréation, à l’école. Parmi mes neuf frères et sœurs, j’étais le seul artiste. Sous la présidence de Sékou Touré, on étudiait une seule matière par semaine. C’était un régime très fermé ».

Après une tournée en Espagne en 1983, il est invité quatre ans plus tard pour participer à la création d’un grand spectacle à Turin, sous la houlette de la chorégraphe Irène Tassanbedo.

CV Amara Kalabane (2018)

La compagnie Batapon

En 1989, l’artiste africain décide de venir habiter en France, à Paris durant cinq ans, puis à Clermont-Ferrand, dès 1994. Amara crée la compagnie Batapon, du nom d’une rivière magique (source de vie), « un fleuve sacré que j’ai traversé pour partir de Guinée. C’est toujours ma compagnie aujourd’hui. Elle enrichit ses créations grâce à des échanges avec des artistes originaires de différents continents. Elle puise principalement son répertoire dans les chants et les danses traditionnels d’Afrique de l’Ouest, et en particulier ceux de la Guinée Conakry ».

La compagnie regroupe 23 danseurs et musiciens, de toutes origines. Avec des objectifs précis : « la rencontre des différentes cultures à travers la danse et les percussions. La compagnie doit être une mémoire qui préserve un patrimoine culturel et transmet des valeurs ancestrales de la communauté de base africaine. Tout en sachant que les thèmes autour desquels s’organisent les chorégraphies ne sont pas spécifiquement africains mais universels, humains. L’art n’a pas de frontières ».

Celui qui a voyagé dans l’Europe entière avec d’autres compagnies pour promouvoir ses arts et l’Afrique, a développé au fil du temps une spécialité : la danse sur échasses. « En Guinée, les échassiers sont les messagers de la forêt. Une fois par an, ils protègent les enfants lors de leur initiation. Perchés jusqu’à 12 mètres de hauteur, ils sont là pour éviter le mauvais œil, le mauvais esprit. » L’initiation des enfants a lieu à l’âge de 6 ans. « En plus d’être circoncis, ils apprennent le respect de l’autre, de soi-même, la connaissance des éléments, de la forêt, le respect de la nature par des personnes qualifiées. Tout ce qu’ils apprennent reste secret. »

Retrouvez l’intégralité du portrait d’Amara Kalabane dans la Tribune républicaine. Article de Julien Champclos.

Amara Kalabane donne à chacun l’occasion d’enrichir sa connaissance de la culture africaine par la pratique de la danse, des rythmes et chants traditionnels.

 

CV Amara Kalabane (2018)